Je me souviens du paragreaphe de Karen Blixen qui notait dans La ferme africaine : « Bien des gens penseront
qu'il est insensé d'attendre un signe du Destin. Pour en arriver là, à dire vrai, il faut un état d'esprit que tout le monde, heureusement, ne connaît pas. Mais à ceux qui l'ont connu et qui
demandent un signe, la réponse ne peut manquer, elle est une conséquence de la demande.C'était comme un bon joueur de bridge qui saura découvrir, dans treize cartes réunies au hasard, le jeu qui
amènera un grand schelem, alors que bien des gens n'avaient rien vu en ce jeu, et auraient passé. Ces cartes offraient-elles un grand schelem? Oui mais pour le bon joueur qui savait le
voir. »
Vendredi soir, j'ai demandé un signe, savoir s'il était temps de prendre une nouvelle direction. Ce signe - positif - est venu. Mais l'envie de renoncer à ça est toujours
pressante... Il y a des choses dans lesquelles on ne croit plus, des espoirs qu'on finit par perdre, de
la confiance qui s'effrite, et des certitudes douteuses qui finissent par devenir siennes. C'est ce que je sais aujourd'hui et à moins d'un miracle, je ne m'attends plus à rien.
Pff ! Je ne comprends rien de rien... Il faut être plus clair quand on me parle !
Certaines personnes ont l’art et la manière de remuer le couteau dans la plaie. Ou les gouttes sous la pluie. D’une
façon volontaire – ou son contraire – de vous faire penser à ça. A une chose à laquelle vous ne voulez plus penser. Et tout commence par une question : « Alors, ça va ? »
Pff ! J’ai horreur de cette phrase. De ces quelques mots. Comme j’ai horreur d’autres expressions comme : « Passe quand tu veux ! » Ou « A la prochaine ! » ou « A plus ! ». Ça donne l’impression
que quoi que vous fassiez, disparaître ou rester là, la personne qui le dit n’en a rien à foutre.
Remarquez, j’ai aussi horreur d’autres expressions : qu’on dise « ma femme » ou « mon homme » en parlant de l’être aimé. Ces mots résument d’une façon simple tout l’orgueil de possession de
l’humain pour celui ou celle qu’il aime. Si vous en doutez, il suffit de répéter ces mots avec un accent local épouvantable, celui que vous ne supportez pas d’entendre quand vous allez faire vos
courses.
Pff ! Beurk !
« Alors, ça va ? » Allez demander à un sinistré après le passage d’un Tsunami s’il a le moral et vous saurez quel effet ça fait de s’entendre poser cette question à un moment où on a envie
d’entendre tout sauf ça.
Il paraît que c’est une marque de sympathie… Ouais… ou la preuve qu’on veut faire de la peine ou qu’on a rien d’autre à dire. En plus, si la pareille n’est pas rendue, il faut s’attendre à des
reproches : « Quoi ? Et moi tu t’en fous ? » Euh… non ! Simplement ta question m’emmerde !
Par politesse, la réponse est : « Oui, ça va, super et toi ? »
Chers lecteurs, vous, par la lecture distante que vous faites en ce moment, êtes les seuls à qui je confie ces quelques mots : I’m not doing ok.
Comme les apparences importent plus, je fais que tout aille bien et donne le ton. Même si le vide est important dans mon enveloppe. Le corps est là mais il manque un organe. Ou une barre au
ventre est là, en trop, et empêche d’avancer sans penser à ce que l’on voudrait surtout ne pas avoir en tête. Même Bono me gave, c’est dire…
Des fois, on se dit que certaines chansons ont été écrites pour certains spécialement...
On se frotte les yeux, on émerge, on se réveille
On rassemble des bouts, on tire sur les rênes
D'une mémoire qui titube entre quelques scènes
On regarde alors autour de soi la chambre d'hôtes
Comment et avec qui je suis arrivé là ?
On remarque trois verres autour d'une bouteille
On allume la télé, on ouvre un Coca froid
On regarde les journaux, on passe aux nouvelles
Comme s'ils allaient m'expliquer pourquoi
Je me retrouve dans un état pareil
Y avait soirées, y avait gala
Y avait succès, y avait hourra
Y avait groupies, y avait gros bras
Y avait cigares, y avait tabac
Y avait gala, y avait gala
On se frotte les yeux, on émerge, on se réveille
Est-on à Brest, Mulhouse ou Marseille ?
Toutes les villes donnent la même migraine
Mais on pense, on pense, on pense, et alors on se rappelle
On s'autorise même une lueur d'effroi
Une lueur d'effroi qu'on chasse d'un coup de peigne
Y a une fille posée sur le matelas, quel prénom au fait a-t-elle ?
Le téléphone me dit qu'un café est froid
Et qu'il faut retourner sur scène
Y avait soirées, y avait gala
Y avait succès, y avait hourra
Y avait groupies, y avait gros bras
Y avait cigares, y avait tabac
Y avait gala, y avait gala
Et si je te dis, est-ce que tu me croiras ?
J'ai encore oublié de t'appeler la veille
Pourtant je pense à toi, il faut juste que je me rappelle
Je me rappelle
Y avait gala, soirées, je me rappelle
Y avait soirées, y avait gala
Y avait succès, y avait hourra
Y avait groupies, y avait gros bras
Y avait cigares, y avait tabac
Y avait gala, y avait gala
Y avait gala, gala
Je pense à toi
Faut juste que je me rappelle
Chante-moi une fois de plus
Touche ce visage fatigué qui est le mien
Chante-moi une fois de plus
Touche ce visage fatigué qui est le mien
J’enlèverai le voile de laine de mes yeux embués
Et me rendrai compte qu’il avait toujours été là tout ce temps
Certaines choses durent toute une vie
J’espère bien que nous sommes l’une de celle-là
Chante-moi une fois de plus
Touche ce visage fatigué qui est le mien
Chante-moi une fois de plus
Touche ce visage fatigué qui est le mien
Comme le soleil tombe du ciel
Tout ce que je savais, tout ce que j’avais
S’en va,
Dans le blanc des yeux,
La pression retombera quand la tempête poursuivra sa route
Je voulais juste t’expliquer
Je voulais juste t’avoue
Que ça ne va pas
Chante-moi une fois de plus
Touche ce visage fatigué qui est le mien
Ô chante-moi une toute dernière fois
Touche ce visage fatigué qui est le mien
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