Dimanche 1 juin 2008
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10:55
On n’ira pas tous au paradis, chante Benjamin Biolay in Bien avant, une de ses chansons. ‘Core heureux ! comme on dit
dans mon bourg en Islande. J’imagine le calvaire : se retrouver avec les mêmes d’en bas. Sans compter que j’ignore comment la sélectionne s’opère : si on nous regroupe par lieu de vie ou par
degré de fautes. Avec mon bol, je vais me retrouver avec les mêmes personnes qui me font vivre en enfer actuellement.
Je peux toujours demander ma mutation sur un autre nuage. Ou alors me faire expulser de ce lieu paradisiaque pour chahut et insolence, et ensuite évoluer là où il fait chaud. Le problème est que
je n’aime pas la chaleur et ses engourdissements. Entre nous, co-exister en compagnie de personnes sournoises et méchantes, ça ne me branche pas non plus. Je tourne en rond.
Que vais-je devenir une fois que mon temps sur terre sera fini ? Voilà une question métaphysique comme je les aime. Je peux errer comme une âme en peine. Sauf que le style torturé ne me va pas au
teint. Cela ne colle pas avec mon air malicieux. Qui dit «âme errante» dit forcément : ennuyer un être humain. Ou quelqu’un que je n’ai pas aimé, voire qui m’a royalement gonflée sur terre. Je
lui ferai des mauvaises blagues : dans le registre des esprits, je serai une rigolote. Pas méchante pour un sou mais une c…. comme on voit souvent. Je cacherai la latte des gosses sous le lit,
j’allumerai et éteindrai les lumières, claquerai des portes et irai jusqu’à inverser le contenu de la salière et du sucrier, je renverserai les tasses, ferai des croche-pieds. Dans les escaliers,
on entendrait de l’eau couler. C’est sympa ça : les vertus du bruit de l’eau sont connues pour leur effet calmant sur l’individu. Quelques personnes de l’assistance vont me dire : Il existe
des gens qui sont payés pour faire partir les «âmes qui errent». Oui ; d’ici que mes victimes trouvent quelqu’un qui ne soit pas un charlatan, j’aurai rejoint la lumière depuis belle lurette
ou me serai établie dans une autre demeure.
La réincarnation reste un second moyen d’échapper aux «esprits limités» que j’aurais rencontrés sur terre, hypocrites, censeurs, empêcheurs de tourner en rond, juges de pacotilles. En quoi
vais-je me réincarner ? Une chose est certaine ; ce ne sera pas en moi. Ou alors dans une autre dimension où je risquerai sans doute de n’avoir plus rien à voir avec celle que je suis ici. Je
vais y retrouver des personnes de cette époque avec d’autres vies, d’autres réactions, d’autres caractères et attitudes. Intéressant pour ceux qui ne me plaisent pas dans cette existence ; pour
les personnes que j’aime, je crains le pire. Un avantage : je ne me souviendrai pas de ce qu’elles ont été dans l’autre dimension, je ne risquerai donc pas d’avoir de la peine.
Même dimension, autre vie : je me vois en leader d’un groupe de rock. Yeah ! Toujours en concert, un bagage scolaire limité – vu que la guitare et ma voix seront mes uniques compagnes -, je
passerai d’un projet artistique à un autre. Je prendrai officiellement position pour des sujets polémiques, ne prendrai pas le temps de vivre et j’aurai à mon bras les plus beaux spécimens de la
race humaine. Quand je parle de beaux, je vise plus l’aspect intérieur. Vu qu’en la matière, il paraît que j’ai des drôles de goût. Côté animaux, je veux me réincarner en une espèce qu’on ne
trouve que dans la forêt amazonienne. En espérant que d’ici mon départ – dans plusieurs siècles vu l’avancée de la Science -, il y ait encore une forêt amazonienne.
Tout ça pour dire qu’on n’ira pas tous au paradis. N’en déplaise à Michel Polnareff. Tant mieux, je n’aime pas l’idée de savoir que je vais finir là où s’échoue le commun des mortels.
Par Anonyme
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Samedi 31 mai 2008
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Voici mes deux dernières créations.
Le bracelet Ange Noir devait être à l'origine une broche mais le support était un chouillat trop grand. J'ai utilisé alors le coeur et ai pensé à réaliser le collier Ange Noir du bouquin Chic, des
bijoux glamour à faire soi-même. Finalement, j'ai opté pour un bracelet. J'ai pas mal de colliers, après tout. gauche, c'est la "Variation de la Dupont", à droite le bracelet "Ange
Noir".
Par Anonyme
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Samedi 31 mai 2008
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11:41
Trois profils, trois techniques pour que Bellecloche sonne faux. C’est à force de les côtoyer que cette dernière a compris que,
malgré ses efforts, elle ne parviendrait pas à être leur complice. Elle a aussi pu établir un profil de ces trois pestes : la première cloche en terre cuite avait des accès de modestie, elle
paraissait effacée et tranquille. Sous ses airs de fausse timide, elle se mettait en retrait lorsqu’elle était en groupe. Une fois le groupe éclaté, elle montrait sa véritable face. Elle n’avait
jamais rien d’intéressant à raconter et limitait souvent ses discussions à ce qu’elle pensait être l’information du jour : le déjeuner du Curé. De façon étrange, Bellecloche en avait marre de la
trouver avec cet air innocent qui la caractérisait sur son chemin à chaque fois que le sonneur de cloche venait lui faire son entretien. Elle était pourtant si discrète. La cloche en terre cuite
s’imposait. Elle écoutait avant de répéter… de travers au Curé. Ce qui finissait par créer d'autres problèmes. Ce que Bellecloche savait d’elle était que la cloche en terre cuite ne savait
rien.
Quant à la cloche en or bas de gamme, Bellecloche la trouvait sympathique. Elle a agi presque de façon sournoise. En se servant du temps comme d’un allié. Elle jouait ses – mauvaises – notes d’une
façon enjouée et savait à plus d’un titre se rendre serviable. Elle parlait beaucoup, se mettait en valeur quand c’était nécessaire et donnait l’impression aux autres qu’ils comptaient
pour elle. Bellecloche a mis plusieurs mois avant de voir que cet instrument se rapprochait d’elle pour une raison : l’Amour du Curé. La cloche en or bas de gamme avait le béguin pour l’homme de
dieu. Comme Bellecloche était respectée de lui, la cloche sympathique s’accrochait à elle. A un point tel qu’à force de se voir, Bellecloche ignorait quoi lui dire. Elle a pris la décision de
s’éloigner et a demandé à changer de place au sein de groupe de façon, a-t-elle dit au Curé, à ce que ses notes partent plus loin dans ce lieu de prières. Histoire d’attirer davantage de fidèles.
Mensonge : elle voulait la paix! L’autre cloche n’a pas été contente et s’est vengée : elle a monté la cloche en bijoux fantaisie contre elle à force de rumeurs et d'histoires invraisemblables.
Bellecloche a néanmoins réussi son coup : la cloche en or bas de gamme ne l’a plus jamais ennuyée en lui jouant la complainte de l’Amitié.
N’ayant jamais eu de contacts avec la cloche en bijoux fantaisie, Bellecloche a été incapable de dresser un profil d’elle de manière rapide. Elle savait juste qu’elle a profité du retrait de la
noble cloche du groupe pour se rapprocher du Curé. Au bout de plusieurs semaines, elle était devenue l’une des cloches les plus en vue pour lui : chacune de ses paroles avait force d’Evangile.
Bellecloche était décontenancée : si elle écoutait bien son discours, il était truffé d’incohérences. Au point qu’elle a eu cette parole au Curé : Savez-vous seulement à quoi vous faites
confiance ? Il n’a pas répondu : il n’a plus jamais regardé Bellecloche. C’est à cet instant qu’elle a compris qu’elle n’avait plus sa place parmi eux. Elle devait quitter les lieux au plus
vite.
Fini le temps où elle ne comprenait pas, elle savait maintenant. Elle s’est alors mise à lancer des notes au hasard pour faire comprendre aux fidèles et aux sonneurs de cloche qui venaient la voir
en concert chaque dimanche qu’elle ne ferait plus long feu dans cet endroit. Le message a mis plusieurs semaines à être compris mais ses prières ont été entendues : un ecclésiastique lui a proposé
de rejoindre sa grande cathédrale. Il manquait une cloche à son groupe – cassée lors d’une bourrasque de vent plus importante que les autres – et il lui fallait une cloche au son pur. Il a proposé
au Curé de lui racheter : cette coquette somme allait lui permettre de s’acheter d’autres cloches et de se débarrasser de celles qui sonnent faux. Bellecloche était aux anges : elle allait enfin
pouvoir se lancer dans de véritables musiques du répertoire des cloches.
Seulement, il y avait un hic : les trois cloches qui pensaient que ce départ était une façon trop belle pour leur rivale de s’en aller. Elles voulaient qu’elle quitte les lieux désespérée ; voire
détruite. Elles ont fait part de leurs recommandations au chef de l’église qui a répondu au visiteur : Cette cloche reste ici ! Bellecloche voyait ses espoirs réduits à néant. Le visiteur
avant de partir glissa à l’instrument : N’ai crainte ! Je viendrai te chercher bientôt. Les habitants du village ont entendu Bellecloche chanter ce jour-là : elle était heureuse et venait
de se lancer dans une joyeuse improvisation.
Par Anonyme
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Dimanche 25 mai 2008
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/2008
19:27
Bien avant qu'on se soit connu
Bien avant qu'on se soit parlé
Bien avant que j'étais venu
Je savais déjà que je t'en voudrais
Bien avant qu'on se soit déçus
Bien avant qu'on soit des déchets
Bien avant ce goût de déjà vu
Je savais déjà qu'on y resterai
Que personne ne sortira d'ici
Que personne ne retiendra la nuit
Qu'on ira pas tous au paradis
Bien avant l'heure
de la ciguë
Bien avant l'heure
Des heures indues
Bien avant qu'on s'aime
Tu ne m'aimais plus.
Bien avant qu'on se soit brisés
Bien avant qu'on soit des vendus
Bien avant que je t'ai renié
Je savais déjà qu'on était vaincus
Bien avant qu'on se soit cognés
Bien avant qu'on ait du vécu
Bien avant que tu te fasses soigner
Je savais déjà qu'on était perdus
Et que personne ne sortirait d'ici
Et que personne ne retiendrait la nuit
Qu'on ira pas tous au paradis
Bien avant l'heure
De la ciguë
Bien avant l'heure
Des heures indues
Bien avant qu'on s'aime
Tu ne m'aimais plus
Bien avant qu'on se soit perdus
Oui, bien avant qu'on ait rien gagné
Bien avant les coups de massue
Je savais déjà tout ce que je sais
Bien avant qu'on soit des pendus
Bien avant qu'on soit des regrets
Bien avant que tout soit fichus
Je savais déjà
Que tu t'en foutais.
Cette chanson est présente sur le dernier album de Benjamin Biolay: Trash yéyé...
Par Anonyme
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Dimanche 25 mai 2008
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19:17
Je lis actuellement «le Dîner de Babette» de Karen Blixen. Oui, j’ai mis de côté pendant
quelques jours «1984» de Georges Orwell. Non, je n’étais pas dégoûtée de cet ouvrage ; c’est juste que je me suis retrouvée dans cette bibliothèque et que ne n’ai pas pu – ou voulu – freiner mon
envie de lire cet auteure danoise que j’affectionne.
J’ai lu les deux premières nouvelles de ce recueil et vient de finir le texte principal qui a donné son nom à l’ouvrage. La première se résume par l’adage «Il ne faut pas se fier aux choses qui
semblent établies». Quant à la deuxième, elle parle de don de soi. Deux sœurs vivent chacune de leur côté une histoire d’amour qui se solde par le départ des soupirants. Elevée par un
pasteur, elles pensent qu’il est bon de vivre sans connaître le plaisir des bonnes choses. L’histoire est pleine de vérités distillées dans les propos des différents personnages qui composent le
texte. On découvre de cette façon que parfois, il y a des événements qui se passent dans la vie dont on ne (re)connaît pas la portée ni le but... jusqu'à ce que la lumière fut. Leur père dit
: Les voies de Dieu passent au travers des rivières, mon enfant. Avant d’expliquer plus loin : Il y a des chemins à travers la mer et les montagnes neigeuses, là où l’autre ne
distingue pas la moindre piste.
Les sœurs voient ensuite une cuisinière française entrer dans leur vie envoyé par l’ex prétendant d’une des sœurs. Elle met de la joie dans leurs cœurs et va conquérir le village entier tant elle
est généreuse.
Babette gagne à la loterie et fait part à ses employeuses de son souhait d'organiser un repas à l’occasion du 100e anniversaire de leur père décédé et ce, à ses frais. D’abord réticente,
elles acceptent. Avant de mettre en cause sa bonne foi : le repas n’est-il pas prétexte à une soirée de déchéance ; voire satanique ?
Les invités arrivent et vont découvrir, en mangeant les bonnes choses préparées par Babette, que le plaisir existe. L’un des convives se rappelle alors son étrange rencontre avec une femme
cuisinière qui elle aussi savait mettre le bonheur dans les assiettes. Il se lance ensuite dans un discours spirituel : Les seules choses que nous pourrons emporter en quittant cette vie
terrestre seront celles que nous aurons données aux autres. Une morale ? Rien n’est jamais trop tard. Il suffit parfois d’agir sans se poser de questions. Le général explique : Nous
tremblons avant d’avoir fait notre choix et après, quand ce choix est fait, nous tremblons encore de peur d’avoir mal choisi. Mais l’heure arrive où nos yeux s’ouvrent et nous voyons alors que la
grâce n’a pas de bornes. Tout est possible dans ce monde.
Le dîner s’est achevé sur une preuve de loyalisme et de sacrifice personnel. Les invités se sont beaucoup amusés mais aucun n’a pensé à la nourriture – une demande expresse des deux sœurs – et
encore moins à la cuisinière. C’est là qu’on voit les grandes âmes : celles qui donnent sans rien attendre en retour et celles qui donnent conscientes qu’il ne leur restera plus rien une fois que
leurs invités auront dîné.
La troisième nouvelle du recueil est
finie. «Tempête» n’est pas ma préférée. Ce que j’en retiens ? Une histoire tragique et romantique qui parle de Malli une jeune fille discrète qui entre dans la vie d’un directeur de théâtre
solitaire, M. Sorensen. Son rêve est de monter la pièce de William Shakespeare et il recrute cette fille, sur laquelle il va exercer un drôle de pouvoir.
Un jour, elle se retrouve sur un bateau en pleine tempête et fait preuve d’un grand courage qui va lui permettre de sauver plusieurs personnes grâce à l’aide d’un marin. Elle revient en ville et
est traitée comme une héroïne par les habitants et comme une reine par l’armateur, Joachum Hosewinckel. Elle s’installe quelques temps dans leur maison et finit par tomber amoureuse du jeune
fils, Arndt. Malli rayonne, au grand désespoir de M. Sorensen qui s’isole davantage. Tout va alors basculer quand on annonce à la jeune actrice que le marin avec qui elle était ce soir-là est
mort.
Les thèmes abordés par Karen Blixen sont nombreux ; certains sont même très sombres. Suicide, infidélité, j’ai été mal à l’aise en lisant l’emprise que ce vieux directeur avait sur la jeune
femme. Il présente quelques traits caractéristiques au manipulateur et c’est d’ailleurs lui qui va donner les moyens à Malli de partir; pour échapper au regard de Arndt. Il est fasciné par elle
et dit à son propos : Ses yeux sont lumineux. Elle ne me regarde pas, elle ne me voit même pas mais ses yeux brillent.
J’ai aussi trouvé que cette nouvelle était longue. D’habitude, cela ne me gêne pas que l’auteur dresse des portraits des personnages secondaires mais là, c’était lourd. J’ai zappé plusieurs
passages.
Hormis ces deux éléments, c’était agréable de retrouver sa plume. La morale que j’en retire est que l’histoire semble se répéter. Le secret qui pousse Malli à partir – au sens propre ou figuré,
j’ignore comment prendre la fin – est le même qui a conduit l’ex petite-amie de son fiancé à mettre fin à ses jours. C’est M. Sorensen qui semble apporter – de façon prémonitoire – la morale de
cette nouvelle : Celui qui est juste est capable d’arrêter un ouragan et de le faire changer de direction. Même si je pense que c’est renforcer de façon inutile le sentiment de
culpabilité éprouvé par le pauvre garçon.
Par Anonyme
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Samedi 24 mai 2008
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19:04
Là où la rivièrere se précipite dans le
noir
Je prends les livres de cours de ton sac
Des morceaux de plastique, du fil et ton baiser
Le souffle de l'éternité sur tes lèvres
Sur la place pleine de monde du marché
Je dérive de visage en visage
Je retiens mon souffle et ferme les yeux
Et j'attends le paradis
Les collines de Virginie ont viré au marron
Un autre jour, un autre soleil qui se couche
Je viens te voir dans un autre rêve
J'atteins tes cheveux et je les sens
Ton odeur traine dans l'air
Je frôle ta joue du bout des doigts
Je goûte le vide sur tes lèvres
Et j'attends le paradis
Je te cherche de l'autre côté
Là ou la rivière s'écoule propre et large
Jusque mon coeur, l'eau monte
Je sombre dans la rivière fraîche et limpide
Je dérive vers le fond, je disparais
Je te vois de l'autre côté
Je recherche la paix dans tes yeux
Mais ils sont aussi vides que le paradis
Ils sont aussi vides que le paradis
Je surgis au dessus des vagues
Je sens le soleil sur mon visage.
Bruce Springsteen est un chanteur que j'affectionne particulièrement. Défini comme un "song-writer", il est l'un des rares artistes à avoir réalisé - avec brio - un album entier sur les
attentats du 11 septembre: The rising. Cet album, je l'écoute en boucle depuis plusieurs jours. Mes titres préférés: The Fuse, Paradise, The rising, You're missing... Je vous le
recommande.
Par Anonyme
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Samedi 24 mai 2008
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/2008
18:55
Après avoir mis de coté les perles pendant plusieurs jours, me (re)voilà partie dans mes créations. Là c'est un
collier en rocailles multicouleurs réalisé pour une amie que je vois lundi.
Une seconde photo ? Allez, on y va ...
Par Anonyme
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Lundi 19 mai 2008
1
19
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/2008
20:03
Un petit bourg tranquille au fond d’un pays imaginaire, construit par un seul homme, sur une montagne, qui n’a
plus connu le chant mélodieux des carillons depuis des lustres.
Les habitants ont fuit ce désert depuis longtemps,
lassés de ces trois cloches qui jouaient le même air. Ils n’en ont pas parlé au curé ni au maire pour éviter mauvaise presse au village. Ils se sont tus par politesse ; sans doute que les
Responsables n’auraient rien voulu savoir. Ils ont choisi de fuir plutôt que de faire face.
Les trois petites cloches sont arrivées là par hasard. Leur propriétaire n’en voulait plus. Elles ont été déposées sur le pas de l’église. Le fondeur en avait assez de les voir dans
son atelier. Elles gênaient le passage, empêchaient les gens de se frayer un chemin et donnaient une image risible de son lieu de
création.
Il a pris son chariot et est allé les mettre à l’insu du curé, souvent absent de son lieu de culte. Jusqu’à la fin, elles lui en ont donné du fil à retordre. Elles étaient lourdes, elles étaient
laides, elles n’étaient pas pratiques. C’est comme si elles se débattaient pour éviter leur sort. Le fondeur avait pensé qu’elles avaient un avantage, forcément. On ne peut pas être si
inutiles à ce point. Il avait tort : elles ne jouaient même pas de la belle musique.
L’une était grande, en terre cuite. La deuxième était en or bas de gamme. Le son qui sortait de son cœur était lourd et disgracieux. Quant à la troisième, elle a été fondue lors d’un court instant
de génie de la part du créateur : il a réuni chaque bijou fantaisie que son épouse possédait et les a fait fondre dans une bassine. Il a ensuite mis cette mixture dans un moule et il a attendu. Des
jours. Pour rien : il n’a pas réussi à créer une cloche capable de faire de la jolie musique. Elle n’était pas jolie, ses formes étaient irrégulières, elle sortait quelques notes mais de façon
épisodique et au prix d’un terrible effort. Il lui arrivait de regarder sa voisine en or massif d’un air jaloux.
Quand l’accordeur les réunissait pour leur faire jouer un morceau en chœur, la musique était si désagréable que les deux hommes bouchaient de suite leurs oreilles avant de quitter précipitamment
l’atelier pour aller prendre l’air dans le quartier.
Au moment où elles ont été abandonnées, aucune des trois cloches ne s’est montrée surprises. Elles s’en doutaient un peu, cela faisait longtemps que ça leur pendait au nez. Elles ont bien essayé de
jouer juste. Puis, elles ont arrêté. Les trois cloches sont dépourvues de patience, d’intelligence et de volonté.
Le curé a eu l’idée de les placer en haut de l’église. Il les a fait sonner et s’est rendu compte qu’elles jouaient faux. Radin, il n’avait pas envie de dépenser de l’argent pour l’achat de cloches
mélodieuses. Il allait se contenter de ces trois-là. Les cloches étaient heureuses : elles avaient enfin une maison.
La nouvelle est parvenue aux oreilles d’un fondeur qui a eu envie de donner l’une de ses créations. Sa cloche à lui reposait également dans son entrepôt. Elle était belle et sa musique mélodieuse.
Elle n’avait malheureusement jamais osé jouer en public, convaincue de ne pas être à la hauteur des cloches des églises environnantes. Elle connaissait chaque air du répertoire religieux, elle
n’osait pas montrer ce dont elle était capable. Elle était fragile et ne souhaitait pas se produire devant une foule. Son propriétaire savait que son atelier allait fermer ses portes, il voulait
une carrière noble pour sa cloche. Il a choisi de la porter à l’église voisine. Le curé, embarrassé par ces cadeaux imposants, s'est retrouvé une nouvelle fois les fesses en l’air pour suspendre
cette nouvelle arrivante offerte gracieusement par un fondeur dans le souci.
Dès la première semaine, les fidèles se sont pressés en masse pour voir cette arrivante. La discrète cloche a débuté son récital par un chant profane «le voyage d’hiver». Ses voisines n’en
croyaient pas leurs oreilles et l’ont regardée d’un drôle d’air. Elles ont tenté de s’aligner sur ses notes. Sans succès. Elles ont dû se rendre à l’évidence : elles sonnaient faux.
La cloche en terre cuite a été la première à lancer l’idée : Il faut s’en débarrasser. Chaque jour, elle nous rappelle à quel point nous sommes inutiles. Il faut qu’elle se taise. Nous
étions les curiosités et maintenant, nous ne sommes plus rien. Les fidèles sont encore là ; plus pour nous. Y en a que pour cette cloche. Elle a achevé son monologue par des critiques
acerbes sur leur rivale : trop réservée, pas assez médisante, elle n’a même pas dit d’où elle était originaire. Elle la trouve assez idiote – comme un œuf en chocolat sans la surprise – et
prétentieuse. Bellecloche était consciente de la matière dont elle se composait et n’éprouvait pas de honte à s’en féliciter. Elle n’était pas faite en brocs de seconde zone, pourquoi devait-elle
se taire? Se retrouver parmi elles la mettait en peine. Elle se sentait seule : elle avait l’impression que le fondeur était le seul à la comprendre. Il n’était pas là. Elle était triste. Il
n’avait même pas pris la peine de venir la voir lors d’un de ces concerts. Abandonnée, elle se pensait...
Bellecloche a néanmoins pris conscience de l’étendue de son talent au vu des nombreux fidèles présents chaque semaine à la porte de la petite église. Le curé s’en frottait les mains : les
offrandes n’avaient jamais été si élevées que depuis l’arrivée de cette cloche dans ses lieux. Elle songeait aussi en son for intérieur à mettre les voiles, se trouver une cathédrale où elle
ne serait pas entourée de méchantes cloches. Il lui fallait attendre qu’un évêque l'ai remarquée. Et supporter les autres, en attendant. Elle voulait un grand espace dans la capitale et non plus
être la cloche douée d’un lieu de culte perdu au milieu de la campagne.
Bellecloche s’entraînait. Encore et encore. Sans s’arrêter. Ses trois voisines faisaient la même chose; elles mettaient leurs entraînements à profit pour nuire à leur rivale. Elles ne lui parlaient
plus depuis des semaines déjà. Bellecloche avait un but, elle n’y a pas prêté attention au début. Folles de rage, elles se sont ensuite mises à lui faire des méchants coups : lui cacher ses
partitions, recouvrir sa paroi de mastic pour empêcher les coups de résonner. Tout était bon pour faire de la peine à Bellecloche. Indifférente dans un premier temps, elle s’est ensuite mise à
développer des angoisses. Sa peur de la foule prit le pas sur son amour pour la musique…
A suivre...
Par Anonyme
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Lundi 19 mai 2008
1
19
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/Mai
/2008
19:09
Regardez, une nouvelle surprise. Elle vient de Valérie ou Cosmos pour les perleuses professionnelles. Autant je suis fan d'un
certain groupe de rock; autant je suis fan de ses superbes créations. C'est une pro de l'Astragale. Sur son gentil mot d'accompagnement, elle m'a mis qu'elle souhaitait que ce cadeau m'apporte du
bonheur. N'ai aucune crainte Valérie, ton collier est un véritable soleil à mes yeux. Il me donne chaud au coeur.
Merci beaucoup , j'adore!
Par Anonyme
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Samedi 17 mai 2008
6
17
/05
/Mai
/2008
13:28
Par Anonyme
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