La lune m’a ouvert l’océan
Celui qui coulait vers ta douleur
Le chant des rochers trop intense
M’a empêché d’entendre tes pleurs
Tu voulais te fondre dans l’azur
Disparaître au coeur des corolles
Au-dessus de toi, l’orage naissait
Embrassant la mer par saccade
Que la mer est belle sans bateaux
Que le phare est seul sans marins
Que puis-je faire pour t’apaiser?
A part rester jusqu’au dernier jour
Jusqu’au recul des océans
L’orage frappait et tu tremblais
J’ai donc amassé les bois de bois
Que la marée avait déposés
T’apportant la seule lumière
J’ai alors prié les cormorans
De s’envoler avec tes peines
Les coquillages étaient muets
Dans mon coeur battait un hymne
Que la brise est douce en mer
Que les étoiles semblent moins loin
Que puis-je faire pour te poser ?
A part rester jusqu’au dernier jour
Jusqu’au recul des océans
L’orage vient de se museler
Il offre l’horizon à la pluie
Sur le sable quelques esquisses
Pour éclipser l’aura de tes maux
Que reste-t-il de la Mer Morte?
Que les vagues semblent fragiles
L’orage s’est achevé alors
Sur ton apaisement, bien avant
Le recul des océans.
Par Anonyme
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L’être humain a la faculté d’inventer des jeux débiles. Elle fait partie de sa nature profonde depuis qu’il s’est mis à
réfléchir. En premier lieu, il a créé le feu après avoir eu un moment de clarté. L’instant d’après, il a conçu la guerre. Enfin, il a amusé la galerie en développant le travail à la chaîne.
L’homme espère se simplifier la vie. Il finit par se la compliquer. Pour le travail à la chaine, il s’en est pris aux machines qu’il a imaginées de plus en plus performantes, voire
complexes nécessitant au passage de nombreuses années d’études pour en comprendre chacun des rouages. Après les machines, l’homme a attaqué la résistance de ses travailleurs. Le résultat
final a conduit à la crise du pétrole dans les années 70.
**** n’a pas connu cette période.
Ses parents, oui.
****, né dans la décennie qui a suivi a vécu d’autres phénomènes : la course à la rentabilité. Pas celle menée par les cadres supérieurs des entreprises et qui tentent de mettre celles-ci devant
les autres. Non. **** vit la lutte implacable entre les collègues. Les salariés se battent entre eux au nom de l’esprit d’entreprise. Chacun veut être meilleur, de peur de perdre sa place. Le but
final est, qu’en vérité, la société soit portée par les gens d’en-bas et qu’elle soit attirée de façon continuelle vers le profit. A défaut, la faute de cet échec leur sera imputée
directement.
**** est le produit involontaire de la crise du pétrole dans les années 70.
L’entreprise pour laquelle il travaille depuis quatre ans a vu le jour en 1958. Spécialisée dans la fabrication de téléphones, elle a fini par se tourner vers les nouvelles technologies de la
communication et vers la mobilophonie et ce, dès l’apparition du portable.
Les vestiges de la première ère sont inscrites dans le patrimoine immobilier : les briques rouges du bâtiment initial cohabitent – avec ou peu de goûts selon les points de vue – avec les vitres
réfléchissantes de la nouvelle aile, construite à la fin des années 2000.
**** appartient au Service de résiliation des abonnements. Sa vie est pépère. Il n’est pas un gentil, il n’est pas un méchant ; seulement un gars qui comme, l’homme depuis pas mal de millénaires,
se complique la vie.
Après l’obtention de son diplôme en technique de qualification, il a postulé chez Telefoon en Kommen (TEK), comme son père et son grand-père l’ont fait. Avec un sentiment de fierté parce que ses
aînés ont tous fait une longue carrière ; preuve de leurs très bons services dans la société. **** gagne des cacahuètes mais se satisfait de la sécurité d’emploi.
**** est un bon employé. Pas un excellent employé ; sinon il serait accrédité à monter dans les ascenseurs réservés aux salariés qui comptabilisent le nombre le plus faible de résiliation de
contrats. **** n’est pas pour autant un mauvais employé : il n’a jamais fait partie des salariés, susceptibles d’être éjectés du marché du travail.
En fait, la société pour laquelle il travaille a développé une culture d’entreprise particulière. Chaque quinzaine du mois, le Service interne de Surveillance des Salariés, le SISS, établit le
classement des trois pires salariés du mois. Les critères retenus sont : la vie en communauté, l’image et le travail. Le dernier vendredi du mois, les salariés sont invités à sauver par textos
envoyés à un numéro spécial mis à leur disposition deux des trois individus. Les deux premiers regagnent leur poste. Celui qui a comptabilisé le moins d’envois est invité à débarrasser le
plancher. Toujours de son plein grès, sans indemnité pour les membres restants de sa famille. Ce système, qui a vu le jour en Asie, a déjà fait ses preuves.
A ce jour, aucune résistance n’a été constatée : les perdants ont tous exécuté les instructions.
**** a été surpris d’apprendre la pratique lors de la signature de son contrat. Mais comme son père et son grand-père n’avaient jamais eu de problèmes, il était convaincu de n’avoir rien à
craindre. Le système capitaliste avait été poussé à l’extrême ces deux dernières décennies; il reposait sur un principe : menacer de botter les fesses des employés jusqu’au sang et ce, afin de
les contraindre à toujours donner le meilleur d’eux-mêmes en toutes circonstances.
Par Anonyme
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Hé là ! Marie-Jeanne a eu tort de se jeter du pont de la Garonne ; elle ne sait pas ce qu’elle a ensuite raté. Si au
moins l’ami Joe lui avait eu le temps de lui chanter « Bordeaux, la ville dont on tombe amoureux », comme le clament de nombreuses personnes là-bas. C’est vrai que la ville a de quoi
séduire : un physique agréable, une âme et du caractère.
Bordeaux, la ville qui en cachait une autre ! Derrière des façades de pierres en calcaire, se cachent des rues étroites où les chats domestiques grimpent avec majesté sur tous les toits. Austère
avec des bâtisses alignées sur des artères qui n’en finissent plus, « La belle endormie » s’est époussetée et revit après deux décennies d’errance urbaine. Son âme reste marquée par les spectres
de la pollution d’hier qui encrasse encore plusieurs bâtiments, du commerce triangulaire fait d’échanges d’épices et d’esclaves, et d’un système totalitaire, à la moitié du 20e siècle, qui a volé
plusieurs années à l’Humanité.
Si aujourd’hui le chef-lieu de l’Aquitaine s’inscrit dans un élan dynamique vers le futur, il le doit à la force de caractère de plusieurs hommes… tombés amoureux d’une métropole à qui ils
souhaitaient rendre quelques couleurs.
Bordeaux prend aujourd’hui une nouvelle voie, celle du développement durable. Les espaces verts sont préservés et gérés avec soin. Les pistes cyclables pullulent parce que la circulation a été
(re)pensée avec douceur. Les trams peuplent les grands axes routiers. Et voilà les automobiles aussitôt reléguées sur la troisième voie, à défaut d’emprunter une voie de garage.
Même le soleil semble vivre pour Bordeaux : à son réveil ou son coucher, il grave sur les pierres ses rayons laissant ensuite s’échapper des faisceaux colorés destinés à faire fondre les plus
romantiques.
Tomber amoureux d’une ville, comment est-ce possible ? Rien de plus simple, il suffit de ne plus faire qu’un avec elle, comme l’a décrit si bien François Mauriac : « Cette ville où nous naquîmes, où nous fûmes un enfant, un adolescent, c'est la seule qu’il faudrait nous défendre de juger : elle se confond avec nous, elle est nous-mêmes ;
nous la portons en nous. L'histoire de Bordeaux est l'histoire de mon corps et de mon âme.
»
S.Z.
Par Anonyme
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La photo du bijou en entier. Les couleurs ne semblent pas excellentes mais le gros plan ci-dessous permet de mieux se
rendre compte.
Par Anonyme
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