Créations

Samedi 3 octobre 2009

La lune m’a ouvert l’océan
Celui qui coulait vers ta douleur
Le chant des rochers trop intense
M’a empêché d’entendre tes pleurs
Tu voulais te fondre dans l’azur
Disparaître au coeur des corolles
Au-dessus de toi, l’orage naissait
Embrassant la mer par saccade

Que la mer est belle sans bateaux
Que le phare est seul sans marins
Que puis-je faire pour t’apaiser?
A part rester jusqu’au dernier jour
Jusqu’au recul des océans

L’orage frappait et tu tremblais
J’ai donc amassé les bois de bois
Que la marée avait déposés
T’apportant la seule lumière
J’ai alors prié les cormorans
De s’envoler avec tes peines
Les coquillages étaient muets
Dans mon coeur battait un hymne

Que la brise est douce en mer
Que les étoiles semblent moins loin
Que puis-je faire pour te poser ?
A part rester jusqu’au dernier jour
Jusqu’au recul des océans

L’orage vient de se museler
Il offre l’horizon à la pluie
Sur le sable quelques esquisses
Pour éclipser l’aura de tes maux

Que reste-t-il de la Mer Morte?
Que les vagues semblent fragiles
L’orage s’est achevé alors
Sur ton apaisement, bien avant
Le recul des océans.

Par Anonyme
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Jeudi 17 septembre 2009

L’être humain a la faculté d’inventer des jeux débiles. Elle fait partie de sa nature profonde depuis qu’il s’est mis à réfléchir. En premier lieu, il a créé le feu après avoir eu un moment de clarté. L’instant d’après, il a conçu la guerre. Enfin, il a amusé la galerie en développant le travail à la chaîne.
L’homme espère se simplifier la vie. Il finit par se la compliquer.  Pour le travail à la chaine, il s’en est pris aux machines qu’il a imaginées de plus en plus performantes, voire complexes nécessitant au passage de nombreuses années d’études pour en comprendre chacun des rouages. Après les machines, l’homme a attaqué la résistance de ses travailleurs. Le résultat final a conduit à la crise du pétrole dans les années 70.
**** n’a pas connu cette période.
Ses parents, oui.
****, né dans la décennie qui a suivi a vécu d’autres phénomènes : la course à la rentabilité. Pas celle menée par les cadres supérieurs des entreprises et qui tentent de mettre celles-ci devant les autres. Non. **** vit la lutte implacable entre les collègues. Les salariés se battent entre eux au nom de l’esprit d’entreprise. Chacun veut être meilleur, de peur de perdre sa place. Le but final est, qu’en vérité, la société soit portée par les gens d’en-bas et qu’elle soit attirée de façon continuelle vers le profit. A défaut, la faute de cet échec leur sera imputée directement.
**** est le produit involontaire de la crise du pétrole dans les années 70.
L’entreprise pour laquelle il travaille depuis quatre ans a vu le jour en 1958. Spécialisée dans la fabrication de téléphones, elle a fini par se tourner vers les nouvelles technologies de la communication et vers la mobilophonie et ce, dès l’apparition du portable.
Les vestiges de la première ère sont inscrites dans le patrimoine immobilier : les briques rouges du bâtiment initial cohabitent – avec ou peu de goûts selon les points de vue – avec les vitres réfléchissantes de la nouvelle aile, construite à la fin des années 2000.
**** appartient au Service de résiliation des abonnements. Sa vie est pépère. Il n’est pas un gentil, il n’est pas un méchant ; seulement un gars qui comme, l’homme depuis pas mal de millénaires, se complique la vie.
Après l’obtention de son diplôme en technique de qualification, il a postulé chez Telefoon en Kommen (TEK), comme son père et son grand-père l’ont fait. Avec un sentiment de fierté parce que ses aînés ont tous fait une longue carrière ; preuve de leurs très bons services dans la société. **** gagne des cacahuètes mais se satisfait de la sécurité d’emploi.
**** est un bon employé. Pas un excellent employé ; sinon il serait accrédité à monter dans les ascenseurs réservés aux salariés qui comptabilisent le nombre le plus faible de résiliation de contrats. **** n’est pas pour autant un mauvais employé : il n’a jamais fait partie des salariés, susceptibles d’être éjectés du marché du travail.
En fait, la société pour laquelle il travaille a développé une culture d’entreprise particulière. Chaque quinzaine du mois, le Service interne de Surveillance des Salariés, le SISS, établit le classement des trois pires salariés du mois. Les critères retenus sont : la vie en communauté, l’image et le travail. Le dernier vendredi du mois, les salariés sont invités à sauver par textos envoyés à un numéro spécial mis à leur disposition deux des trois individus. Les deux premiers regagnent leur poste. Celui qui a comptabilisé le moins d’envois est invité à débarrasser le plancher. Toujours de son plein grès, sans indemnité pour les membres restants de sa famille. Ce système, qui a vu le jour en Asie, a déjà fait ses preuves.
A ce jour, aucune résistance n’a été constatée : les perdants ont tous exécuté les instructions. 
**** a été surpris d’apprendre la pratique lors de la signature de son contrat. Mais comme son père et son grand-père n’avaient jamais eu de problèmes, il était convaincu de n’avoir rien à craindre. Le système capitaliste avait été poussé à l’extrême ces deux dernières décennies; il reposait sur un principe : menacer de botter les fesses des employés jusqu’au sang et ce, afin de les contraindre à toujours donner le meilleur d’eux-mêmes en toutes circonstances.

Par Anonyme
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Mercredi 10 juin 2009
Comme ces frontières invisibles que je traverse et derrière lesquelles je sais que je me perdrai;
Comme ces tourbillons d'eau qui m'attirent mais qui vont finir par me noyer en m'aspirant trop;
Comme ces envies contradictoires qui procurent la fièvre et qui finissent par rendre glacial lorsqu'elles s'estompent;
Comme la frénésie d'être sur une terre sans connaître avec certitude sa localisation ni sa destination finale.
Par Anonyme
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Samedi 18 avril 2009

Il  a tenu une phrase bateau en me disant : « J’ai des doutes sur la remise à flots de la crème renversée.» Un matin, il est devenu parano. La guerre était pourtant finie depuis longtemps. Mais les sentiments ne sont pas rationnels.
Les oiseaux ont chanté. Il a vu le mal partout. Le coq l’a réveillé de façon délibérée, selon lui. Les ouvriers de la voirie étaient trop bruyants ; ils voulaient forcément l’ennuyer. Le livreur a klaxonné avec trop de conviction ; c’était le signe absolu qu’un tiers lui en voulait. Tous, je vous le dis et lui le disait aussi, s’étaient ligués contre lui.
Un parano n’est pas comme tout le monde. Il anticipe… il fabule mais n’invente pas puisque lui y croit dur comme fer. Chaque geste posé par les autres donne lieu à des interrogations, des doutes voire, dans les cas les plus extrêmes, à de la suspicion ou des accusations.
Un parano n’est pas beau à voir. Il transpire, n’inspire pas la confiance ni l’insouciance. En sa compagnie on est sur la brèche. Son corps est fermé, ses yeux inspectent tout et n’importe quoi et ses expressions posent toujours la même question «Qu’est-ce que tu me veux, toi ?».
La paranoïa s’installe toujours au moment où l’on pense que tout va se passer pour le mieux. Comme une prévision invérifiable.
Les paranoïaques parlent de leur cas à des proches indirectement concernés par l’objet de la diabolisation. Ces derniers devraient avoir en tout temps une attitude calmante. Et s’ils ne rassurent pas, ils sont indéniablement de mèche.
Ce matin, il est devenu parano. Quelle horreur ! Il faisait peine à voir. Sa paranoïa ne repose sur rien ; juste une vieille blessure qui se réveille quand le temps est à la grisaille.
Par Anonyme
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Dimanche 12 avril 2009

Hé là ! Marie-Jeanne a eu tort de se jeter du pont de la Garonne ; elle ne sait pas ce qu’elle a ensuite raté. Si au moins l’ami Joe lui avait eu le temps de lui chanter  « Bordeaux, la ville dont on tombe amoureux », comme le clament de nombreuses personnes là-bas. C’est vrai que la ville a de quoi séduire : un physique agréable, une âme et du caractère.
Bordeaux, la ville qui en cachait une autre ! Derrière des façades de pierres en calcaire, se cachent des rues étroites où les chats domestiques grimpent avec majesté sur tous les toits. Austère avec des bâtisses alignées sur des artères qui n’en finissent plus, « La belle endormie » s’est époussetée et revit après deux décennies d’errance urbaine. Son âme reste marquée par les spectres de la pollution d’hier qui encrasse encore plusieurs bâtiments, du commerce triangulaire fait d’échanges d’épices et d’esclaves, et d’un système totalitaire, à la moitié du 20e siècle, qui a volé plusieurs années à l’Humanité.
Si aujourd’hui le chef-lieu de l’Aquitaine s’inscrit dans un élan dynamique vers le futur, il le doit à la force de caractère de plusieurs hommes… tombés amoureux d’une métropole à qui ils souhaitaient rendre quelques couleurs.
Bordeaux prend aujourd’hui une nouvelle voie, celle du développement durable. Les espaces verts sont préservés et gérés avec soin. Les pistes cyclables pullulent parce que la circulation a été (re)pensée avec douceur. Les trams peuplent les grands axes routiers. Et voilà les automobiles aussitôt reléguées sur la troisième voie, à défaut d’emprunter une voie de garage.
Même le soleil semble vivre pour Bordeaux : à son réveil ou son coucher, il grave sur les pierres ses rayons laissant ensuite s’échapper des faisceaux colorés destinés à faire fondre les plus romantiques.
Tomber amoureux d’une ville, comment est-ce possible ? Rien de plus simple, il suffit de ne plus faire qu’un avec elle, comme l’a décrit si bien François Mauriac : « Cette ville où nous naquîmes, où nous fûmes un enfant, un adolescent, c'est la seule qu’il faudrait nous défendre de juger : elle se confond avec nous, elle est nous-mêmes ; nous la portons en nous. L'histoire de Bordeaux est l'histoire de mon corps et de mon âme. »

S.Z.

Par Anonyme
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Samedi 11 avril 2009



La photo du bijou en entier. Les couleurs ne semblent pas excellentes mais le gros plan ci-dessous permet de mieux se rendre compte.

Par Anonyme
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Samedi 11 avril 2009
Toujours la même rengaine sur les ondes radiophoniques : des chœurs remplis de lâcheté, de mensonges et de fausses notes. Au point qu’il devient probable que je siffle le même air : être alléchée par une partition, démarrer les répétitions avec entrain – à la limite de la frénésie – avant de buter sur quelques portées ridicules, m’effacer du chœur et quitter la salle sur la pointe des pieds sans prendre la peine de saluer le chef de chœur. Heureusement, la salle est vide : aucun public pour constater.
A force de côtoyer des chanteurs de seconde zone et sans instruments, je me casserai la voix et n’aurai plus qu’à me tourner vers la natation. J’en viens à douter du sérieux de chaque chorale à qui je me consacre.
L’indifférence des sens me guette. La musique va m’écoeurer. Je n’ai peut-être ma place dans aucune formation musicale de ce genre. Autant me faire une raison et aller à la piscine.
Tiens, demain, j’annonce au chef de chœur que je stoppe les répétitions. De toutes façons, il n’a pas l’air emballé par mes prestations et mes propositions musicales. J’irai les chanter sur d’autres toits.
A chaque fausse note, c’est Mozart qu’on assassine !
Par Anonyme
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Samedi 28 mars 2009

   

Par Anonyme
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Lundi 16 mars 2009



Autre plan

Par Anonyme
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Dimanche 15 mars 2009



Gros plan


Par Anonyme
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